Scanner les Kodachromes

Continuons sur l’archivage numérique des diapos, et plus particulièrement des Kodachromes, avec le scanner Reflecta DigitDia 5000.

Dans les archives photographiques familiales se trouvent beaucoup de diapositives Kodachrome. Ce type de diapo est particulier : contrairement aux films positifs classiques, la structure d’une Kodachrome la rapproche d’un film argentique noir et blanc. Cela peut poser des problèmes de fidélité des couleurs lors du scan, ainsi qu’une incompatibilité avec certaines fonctions de dépoussiérage automatique.

L’apparition d’une dominante bleue

Les kodachromes scannées apparaissent en effet froides en sortie, car les scanners ont du mal a analyser la structure du film. Le résultat est un scan par défaut assez bleuté. Bien sur, certains logiciels de scanner prennent en compte cette spécificité, et donnent directement des résultats exploitables (NikonScan, SilverFast). Une mention spéciale pour le logiciel SilverFastAI, compatible avec le reflecta digitdia, qui outre le profil kodachrome donne un excellent rendu des scans, toutes options confondues : netteté, couleurs, exposition. Malheureusement seule la version avancée du logiciel est disponible pour ce scanner, et le prix est assez dissuasif pour un usage personnel… Le logiciel CyberViewX5, fourni en standard avec le Reflecta DigitDia ne comporte lui aucun réglage avancé, ni d’option kodachrome : il faut donc envisager un post-traitement pour récupérer des couleurs correctes. Ne perdons pas non plus de vue qu’outre le rendu des couleurs, se pose aussi celui de la balance des blancs : la « justesse » des couleurs va aussi dépendre de la lumière ambiante lors de la prise de vue, la diapo kodachrome étant faite pour une lumière solaire de 6500 K. C’est ensuite un choix de l’archiveur : préserver les couleurs de la diapo, ou réinterpréter avec une balance des blancs correcte.

Pour corriger ce problème de dominante, une solution est toutefois possible lors du scan avec le logiciel CyberView : utiliser l’option ROC du scanner. Cette fonction (Restore Old Color) est à l’origine prévue pour raviver les couleurs affadies de vieilles diapos, mais permet en effet un rendu de couleur plus naturel sur les kodachromes (activer l’option avec le plus faible niveau de traitement suffit). L’inconvénient toutefois du traitement ROC c’est qu’il a tendance à étirer un peu trop l’histogramme, et brûler très légèrement les hautes lumières tout en écrasant les ombres. On peut donc préférer plutôt un post-traitement sur les teintes.

Post-traitement pour les couleurs

Bien évidemment, l’idéal pour un traitement d’image correct serait d’avoir une charte de couleur prise en photo à la même époque et dans les mêmes conditions que les diapo à scanner. Malheureusement je n’en ai pas trouvé dans le lot d’archive familiales ; étonnant non ?! Alors il reste à jouer sur les paramètres de couleurs de l’image. J’effectue pour ma part les traitements photos sous Adobe Lightroom. Vous pouvez télécharger mon essai de profil pour LR6 ici. L’application de ce profil donne le résultat ci dessous. Il s’agit bien sur d’une interprétation colorée personnelle, et qui est d’autant plus difficile à transférer sur un autre scanner, que le logiciel Cyberview X pour le scan ne prend pas en compte la gestion des profils colorimétriques ICC…

Brut de scan : globalement l’image présente une dominante bleue.

avec le profil couleur Lightroom. La balance des couleurs (me) semble plus équilibrée.

Notez au passage que ces diapos datent de 1964, et qu’elles sont en très bon état — grand avantage de la kodachrome.

La compatibilité avec le dépoussiérage numérique (ICE)

Cette fonction présente dans le scanner permet d’enlever automatiquement les zones poussiéreuses, voire abîmées, des diapos. Ceci se fait par un balayage de la diapo dans l’infra-rouge, qui permet de détecter les zones de poussières (par leur opacité). Un traitement numérique automatique est ensuite appliquée sur ces zones pour les reconstruire à partir des pixels « valides » environnant.

La structure du film Kodachrome pose un problème au procédé ICE, car les grains d’argent du film sont opaques aux infra-rouges, voire même les diffusent. Ceci entraîne une fausse détection de poussières, et une diminution de la netteté globale du scan.
Sur le modèle reflecta dans le logiciel Cyberview il y a bien une option appelée « ICE numérique » : quand elle est activée, elle fonctionne correctement même avec une diapo Kodakchrome — ce qui laisse penser qu’il s’agit d’un filtre purement numérique ? On se rend compte sur les images suivantes (scan à 100%) que le dépoussiérage ne semble se faire qu’à partir d’une certaine taille de défaut. Notons aussi que l’algorithme de reconstitution de la zone « empoussiérée » n’est pas très subtile : le tampon de correction sous lightroom (ou autre) donnera des résultats beaucoup plus homogène et discrets.

Sans ICE les poussières sont omniprésentes (détail 100%).

Avec ICE activé, les petites poussières demeurent. On note que même le coin du cadre de la diapo est effacé !

A titre d’info voilà ce que donne le mode ICE du scanner Nikon Coolscan IV :

Coolscan Nikon IV sans ICE sur Kodachrome (détail à 100%)

Coolscan Nikon en mode ICE sur Kodachrome : cela agit comme un filtre passe-bas, les détails sont complètement estompés (mais les poussières sont enlevées !).

Quelques excès du mode ICE

Un problème apparait toutefois sur les zones très sombres de l’image : quand celles-ci sont relativement larges, elles sont interprétée comme des « poussières », et corrigées avec des effets plutôt désastreux comme en témoigne l’image suivante. Comparez les zones sombres de la même photo avec et sans ICE (notons que le même post-traitement de netteté a été appliqué dans les 2 cas) :

Détail du scan à 100% sans ICE, pour comparaison. Cliquez sur l’image pour voir en grand.

Scan avec ICE. Les zones sombres ont été (mal)traitées.

Cela confirme que le mode ICE n’est ici appliqué que sur les zones de grandes dimensions, car la netteté générale de l’image n’est pas affectée, comme on l’a déjà évoqué plus haut.

En résumé, sur le mode ICE avec ce scanner reflecta sur les kodachromes : 

  • La correction ne semble se faire qu’à partir d’une certaine taille de défaut (10 pixels environ) ;
  • En conséquence le mode ICE n’affecte pas la netteté globale de l’image (contrairement à ce qu’on obtient avec le Nikon CooolScan IV, et de manière assez générale sur les scanner) ;
  • Dans certains cas, sur les zones très sombres, la correction est désastreuse : dans ce cas là-proscrire ICE !) ;
  • Bizarrement, certaines diapos sont bien corrigées en mode ICE, d’autres non (toutes kodachrome dans mon test cependant).

Ma recommandation : le laisser actif, pour supprimer efficacement une bonne partie des poussières. Mais surveiller les zones très sombres des diapos, et re-scanner le cas échéant.

Scanner et archiver des diapos avec le reflecta DigitDia 5000

Un ami (précieux !) m’a récemment prêté un scanner de diapo reflecta DigitDia 5000. Il présente l’énorme avantage de pouvoir travailler avec des paniers de diapos, et donc de pouvoir numériser à la chaîne une collection importante, dans un but d’archivage. C’est donc l’occasion ici de livrer quelques commentaires sur ce scanner et les résultats qu’il donne.

Disposition générales

L’appareil se présente comme un projecteur de diapo, avec son bras, sa glissière à panier, mais sans objectif en sortie bien sûr. Attention à la prise des diapos : le déplacement par à-coup du panier fait osciller les diapos, et une fois sur deux le bras passe-diapo rate le coche. J’ai trouvé comme solution d’incliner globalement tout le projecteur, pour que les diapos penchent toutes dans le même sens. Le bras n’hésite alors plus sur la diapo à prendre (pour info : surélever la partie amont du panier du projecteur de 3 cm environ.)

scanner reflecta DigitDia 5000. Il est ici surélevé sur la gauche pour faciliter la prise des diapos.

Appareil ouvert, voici à quoi ressemble le pre-scan d’une diapo, pour l’analyse de l’exposition automatique. Le vrai scan est plus lent (2 min) et fait plus de bruit.

Vitesse

L’appareil est relativement lent : à la pleine résolution (3600 DPI), avec le mode ICE (dépoussiérage), il faut compter 3 minutes par diapo. Mais ce n’est finalement pas rédhibitoire, puisqu’il travaille tout seul ! Il faut donc compter sur 2h30 de scan pour un panier de 50 diapos. Mieux vaut par contre disposer d’une pièce séparée, car si Nestor travaille tout seul, il est quand même assez bruyant…

Notons que l’appareil adapte la vitesse de scan à la densité de la diapositive. Une diapo très sombre, voire sous-exposée, nécessitera un temps de pose plus long au fil du balayage. Cela peut ainsi conduire à des temps de scan d’une dizaine de minutes, pour les cas les plus défavorables. En contre-partie on peut espérer récupérer une peu de matière pour des diapos sous-exposées au départ — même s’il ne faut pas attendre des miracles…

Résolution du scan

La résolution native de l’appareil est donnée pour 3600 DPI, ce qui génère des scans de diapos d’environ 15 MPixels. Très raisonnable donc pour des retirages et agrandissements.

On peut être tenté de réduire la résolution pour gagner un peu en temps de scan (et de la place disque ?). Mais lorsqu’on la réduit on constate une apparition de créneaux assez désagréable. Sur les images ci-dessous, (extraites en taille réelle à 100 %) on voit des effets d’escalier apparaître sur les contours de la tôle ondulée, dans les résolutions 2400 et 3000 DPI.

2400 DPI

2400 DPI. Cliquez pour zoomer et voir les effets d’escalier sur la tôle ondulée. 2400 dpi est pourtant affichée comme une résolution « native »

3000 DPI

à 3000 DPI, même chose, en plus marqué. Là il s’agit d’une résolution « personnalisée ».

3600 DPI

3600 DPI : la résolution native maximale, pas de problème.

Ces effets semblent correspondre à une mauvaise interpolation de l’image faite en pleine résolution. Il vaut donc mieux privilégier la pleine résolution lors du scan, et ce d’autant plus que le gain en temps n’est pas vraiment appréciable. Notons quand même un rendu un peu mou par défaut en sortie, et qu’il est recommandé d’appliquer systématiquement une légère accentuation des images après scan.

Un logiciel sommaire !

Le logiciel standard, Cyberview X, possède des fonctions relativement limitées. Et c’est d’ailleurs le principal reproche que je ferai à ce scanner : le manque d’un logiciel digne de ce nom, avec en particulier une optimisation d’image automatique pour les traitement par lot, et un filtre de netteté. Paradoxalement, les possibilités sont limitées, mais la prise en main n’est pas vraiment simple. Autre point important : le logiciel ne prend pas en compte la gestion de la couleur et des profils colorimétriques : aucune information n’est disponible sur le sujet, et j’ai pu vérifier que les images en sortie n’ont pas de mention ICC dans leurs métadonnées.

… Mais tout de même, pour conclure, quel confort de le voir digérer en 2h30 50 diapos sans qu’on s’en occupe ! Moi qui ai environ 4000 diapos dans mes cartons, cela devrait l’occuper plusieurs semaines ! On peut il est vrai s’interroger sur la pertinence de tout archiver, mais c’est une autre histoire…

 

Photographier des diapos

Aujourd’hui la très bonne tenue des appareils numériques permet d’envisager d’utiliser un reflex pour numériser des diapos et des négatifs, par prise de vue directe. Une fois l’appareil et un objectif macro en possession, il ne manque plus qu’un système permettant de disposer correctement la diapo. Il est effectivement assez difficile de s’assurer du placement de la diapo dans un plan parfaitement parallèle à celui du capteur, à moins de disposer d’un banc de reproduction dédié, genre statif, ou d’un pied photo suffisamment modulable. Dans le cas contraire on peut obtenir des effets de bascule assez artistiques (?!) mais peu souhaitables dans une optique de numérisation pour archivage.

Voici donc quelques comparaisons entre ce que peut donner un scanner diapo de bon aloi (Nikon Coolscan IV), et la combinaison d’un objectif macro et d’une bague « reprodia » (AF Micro Nikkor 60 mm f/2.8 + Nikon ES1).

140315_DSF7527La diapo choisie ici est une Velvia 50. Les 2 images sont numérisées en 12 bits (en NEF pour reprodia, et TIF pour le scan). Le rendu général après quelques essais d’homogénéisation sous lightroom est le suivant (scan à droite).

comparaison générale

Diapo Velvia : reprodia à gauche, scan Nikon IV à droite (Tif)

scan standard, sans modif
Notons que le scan standard est moins claquant par défaut en terme de netteté que celui de l’appareil photo. Par contre la saturation et le rendu coloré de la velvia ressort mieux sur le scan. Dans les deux cas cela peut se corriger ensuite facilement.

Quelques point de comparaison

La résolution est dans mon cas quasiment la même : 12 MP pour la prise de vue (Nikon D700), souvent légèrement recadré, et 10 MP pour le coolscan IV pour un 24×36 (2900 points par pouce max). Rappelons que la photo sur l’APN est prise via la matrice de Bayer RVB  du capteur, avec donc un effet de lissage de chaque pixel. Lors du scan par contre, les 3 composantes RVB de la diapo sont analysées directement sur chaque pixel, sans extrapolation. Cela pourrait garantir une meilleure finesse d’analyse pour le scanner, pour une même taille d’image en sortie.

Scanner

  • Meilleure netteté. Toutefois la profondeur de champ du scanner est assez faible, et les coins sont souvent moins bons que le centre, car les diapos montées sous cache sont la plupart du temps légèrement bombées.
  • Le grain et la matière du film même sont perceptibles sur les scans (en 2900 ppp).
  • Moins bon rendu dans les basses lumières, en limite de DMAX. Ceci peut devenir assez gênant pour les diapos sombres ou très denses, par exemple dans les zones sombres d’une Velvia 50 – c’est d’ailleurs un film diapo réputé pour sa Dmax importante (environ 4, donc à la limite de ce que peut faire ce scanner ?). Mais pas de soucis par contre pour les zones claires.
  • Anti-poussières ! Grâce au traitement ICE, l’image est aussi analysée dans les infra-rouges, ce qui permet de détecter la présence de poussières (opaques). Elles sont ensuite effacées par voie logicielle, en reconstituant la zone masquée grâce aux pixels avoisinants. Ceci permet d’éviter un fastidieux travail de dépoussiérage logiciel dans la suite.

Reprodia + appareil photo

  • Meilleure DMAX ! En tout cas meilleur rendu des basses lumières, ce qui permet de retrouver des nuances dans les zones bien denses de la diapo. Une combinaison nécessaire de 2 expositions éventuelles ? C’est en tout cas le principal avantage, bien visible sur l’image de gauche.
  • Netteté correcte sur tout la plage de champ, moyennant bien sûr un diaph suffisamment fermé.
  • Le grain du film n’est pas visible, mais c’est vrai qu’il s’agit ici d’une velvia, analysée seulement en 12 MP par le D700. Cela pourrait être dû à un effet de lilssage par le filtre passe-bas qui est sur le capteur de l’appareil photo ? Poursuivre les tests sur d’autres films et/ou avec un autre APN.
  • Rapidité ? Pas sûr : le temps de positionnement de la diapo, et de réglage mécanique du positionnement de la bague allonge du reprodia peut être assez long, en tout cas au début. Et on ne compte pas le temps passé à « dépoussière » de manière logicielle les images. Un vrai dépoussiérage mécanique à la soufflette s’impose avant la prise de vue.
  • Problème de la justesse des couleurs : il vaut mieux utiliser une source lumineuse calibrée, genre table lumineuse, et mesurer au préalable la balance des blancs sur cette source. Mais les résultats peuvent malgré tout varier selon le film employé.

Expérimentation à suivre donc !

 

Entre-Deux-Guiers (mais sans scanner)

Ou : de la numérisation de diapositive à l’aide d’un objectif macro, mais sans système fiable permettant d’assurer un parfait parallélisme entre le plan de la diapo et celui du capteur de l’appareil.

Dans ces conditions de prises de vue à la va-vite, le problème de focalisation devient très vite pénalisant sur les bords, vue la très faible profondeur de champ en macro lorsque l’on est au rapport 1:1. Il en résulte de belles zones floutées (voir l’image en grand), qui donnent un effet de bascule, pas forcément désagréable d’ailleurs ! Mais rédhibitoire vis-à-vis d’une volonté de numérisation pour archivage… La prochaine fois je ferai mieux avec un pied !

Photographie à bascule

Victime de la mode, j’ai fait l’acquisition il y a quelque temps d’un objectif à bascule en monture nikon, un Arax 80 mm /2,8. Il s’agit d’un objectif ukrainien moyen format (MC ARSAT 2.8/80mm), avec donc une couverture de champ large, permettant le montage sur une platine à bascule et décentrement (en anglais tilt-shift), tout en couvrant le format 24×36 mm.

Pourquoi ?

L’intérêt originel (?) des mouvements de décentrement des objectifs était le contrôle des perspectives et lignes de fuite, par exemple dans le cas de la photographie d’architecture. Pour les mouvements de bascule de l’axe optique, l’intérêt est de contrôler le plan de netteté de l’image, qui ne se limite alors plus à un plan parallèle au capteur (ou au film). Il est possible alors d’augmenter la profondeur de champ sans devoir trop fermer le diaphragme. Mais surtout, le plan de netteté peut prendre des directions quelconque, et l’effet de netteté peut ainsi s’étaler sur différents plans. Ainsi sur la photo suivante, le plan de netteté descend en pente douce du 1er plan à l’arrière plan dans le tunnel. La zone intermédiaire est flou, puisque pas dans le plan de netteté. Difficilement réalisable de manière numérique sans de longues retouches, cet effet d’étagement des plans peut être intéressant.

Tunnel by erwannf
Tunnel, a photo by erwannf on Flickr.
Place Sathonay by erwannf
Place Sathonay, a photo by erwannf on Flickr.

Sur la photo ci-dessus, le plan de netteté est presque perpendiculaire au plan de l’image. Les bords sont en conséquence flous ; cet effet est le plus facilement réalisable de manière purement numérique.
De nombreux exemples sont visibles (sur flickr par ex.). Une des applications très en vogue est celui de l’effet maquette, créé par l’étagement des plans de netteté donnant l’illusion d’une très faible profondeur de champ. Imaginez-vous l’œil au raz d’une maquette : la profondeur de champ de la vision humaine reste assez limité à faible distance de vue.

Comment ?!

Revenons à l’objectif Arax lui-même. Plutôt costaud, tout en métal, lourd dans la main : du solide ! L’engouement récent pour les effets « maquette » a entraîné une hausse des prix, mais cela reste une optique beaucoup plus abordable que les optiques Nikon dédiées, ou même que les récents Tamron.

Arax TS 80 mm f/2.8Coté mouvement, tout est là : bascule jusqu’à 8°, décentrement de +/- 11mm et rotation complète de l’objectif si le boitier le permet (sur le nikon D700 oui, sur les reflex DX il est possible que le mouvement soit gêné par le dégagement du flash intégré).

Bien évidemment, pas d’automatisme ni d’autofocus avec cet objectif : on travaille en manuel, et on règle l’ouverture grâce à la bague dédiée sur l’objectif. Attention au fait que l’exposition est très dépendante de l’orientation de l’objectif ! Mais l’avantage du numérique est de pouvoir contrôler tout de suite l’exposition. Je l’utilise concrètement en manuel, en réglant la vitesse et en jouant manuellement sur la bague de diaph. Ne pas hésiter donc à corriger de +/- 2 l’exposition annoncée, selon l’orientation de la lentille frontale. Mon but est en général de faire un effet de style, et pas une correction de perspective. Surtout, bien prendre le temps de tester différentes configuration pour la même photo !

Il ne faut pas s’attendre à des miracles de piqué, mais le principal problème de ce caillou est sa sensibilité au flare. A pleine ouverture, pas de problème, mais dès que l’on ferme au delà de f/8, une tâche lumineuse apparait au centre. L’usage du pare soleil n’améliore pas beaucoup les choses, je suspecte une réflectivité importante des lames du diaphragme. Mais c’est vrai qu’on cherchera souvent à limiter la profondeur de champ du point de vue du diaph, et donc à ouvrir.

flare_araxC’est donc un objectif très plaisant, qui n’atteint certes pas les sommets de l’optique, mais avec un rendu intéressant et ludique. Mes photos utilisant cet objectif sont par là.