Photographier des diapos

Aujourd’hui la très bonne tenue des appareils numériques permet d’envisager d’utiliser un reflex pour numériser des diapos et des négatifs, par prise de vue directe. Une fois l’appareil et un objectif macro en possession, il ne manque plus qu’un système permettant de disposer correctement la diapo. Il est effectivement assez difficile de s’assurer du placement de la diapo dans un plan parfaitement parallèle à celui du capteur, à moins de disposer d’un banc de reproduction dédié, genre statif, ou d’un pied photo suffisamment modulable. Dans le cas contraire on peut obtenir des effets de bascule assez artistiques (?!) mais peu souhaitables dans une optique de numérisation pour archivage.

Voici donc quelques comparaisons entre ce que peut donner un scanner diapo de bon aloi (Nikon Coolscan IV), et la combinaison d’un objectif macro et d’une bague « reprodia » (AF Micro Nikkor 60 mm f/2.8 + Nikon ES1).

140315_DSF7527La diapo choisie ici est une Velvia 50. Les 2 images sont numérisées en 12 bits (en NEF pour reprodia, et TIF pour le scan). Le rendu général après quelques essais d’homogénéisation sous lightroom est le suivant (scan à droite).

comparaison générale

Diapo Velvia : reprodia à gauche, scan Nikon IV à droite (Tif)

scan standard, sans modif
Notons que le scan standard est moins claquant par défaut en terme de netteté que celui de l’appareil photo. Par contre la saturation et le rendu coloré de la velvia ressort mieux sur le scan. Dans les deux cas cela peut se corriger ensuite facilement.

Quelques point de comparaison

La résolution est dans mon cas quasiment la même : 12 MP pour la prise de vue (Nikon D700), souvent légèrement recadré, et 10 MP pour le coolscan IV pour un 24×36 (2900 points par pouce max). Rappelons que la photo sur l’APN est prise via la matrice de Bayer RVB  du capteur, avec donc un effet de lissage de chaque pixel. Lors du scan par contre, les 3 composantes RVB de la diapo sont analysées directement sur chaque pixel, sans extrapolation. Cela pourrait garantir une meilleure finesse d’analyse pour le scanner, pour une même taille d’image en sortie.

Scanner

  • Meilleure netteté. Toutefois la profondeur de champ du scanner est assez faible, et les coins sont souvent moins bons que le centre, car les diapos montées sous cache sont la plupart du temps légèrement bombées.
  • Le grain et la matière du film même sont perceptibles sur les scans (en 2900 ppp).
  • Moins bon rendu dans les basses lumières, en limite de DMAX. Ceci peut devenir assez gênant pour les diapos sombres ou très denses, par exemple dans les zones sombres d’une Velvia 50 – c’est d’ailleurs un film diapo réputé pour sa Dmax importante (environ 4, donc à la limite de ce que peut faire ce scanner ?). Mais pas de soucis par contre pour les zones claires.
  • Anti-poussières ! Grâce au traitement ICE, l’image est aussi analysée dans les infra-rouges, ce qui permet de détecter la présence de poussières (opaques). Elles sont ensuite effacées par voie logicielle, en reconstituant la zone masquée grâce aux pixels avoisinants. Ceci permet d’éviter un fastidieux travail de dépoussiérage logiciel dans la suite.

Reprodia + appareil photo

  • Meilleure DMAX ! En tout cas meilleur rendu des basses lumières, ce qui permet de retrouver des nuances dans les zones bien denses de la diapo. Une combinaison nécessaire de 2 expositions éventuelles ? C’est en tout cas le principal avantage, bien visible sur l’image de gauche.
  • Netteté correcte sur tout la plage de champ, moyennant bien sûr un diaph suffisamment fermé.
  • Le grain du film n’est pas visible, mais c’est vrai qu’il s’agit ici d’une velvia, analysée seulement en 12 MP par le D700. Cela pourrait être dû à un effet de lilssage par le filtre passe-bas qui est sur le capteur de l’appareil photo ? Poursuivre les tests sur d’autres films et/ou avec un autre APN.
  • Rapidité ? Pas sûr : le temps de positionnement de la diapo, et de réglage mécanique du positionnement de la bague allonge du reprodia peut être assez long, en tout cas au début. Et on ne compte pas le temps passé à « dépoussière » de manière logicielle les images. Un vrai dépoussiérage mécanique à la soufflette s’impose avant la prise de vue.
  • Problème de la justesse des couleurs : il vaut mieux utiliser une source lumineuse calibrée, genre table lumineuse, et mesurer au préalable la balance des blancs sur cette source. Mais les résultats peuvent malgré tout varier selon le film employé.

Expérimentation à suivre donc !

 

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