Archives Islandaises

(les miennes en tout cas…)

Retour en images sur un voyage en 1993, avec une tentative de récupération de diapos de l’époque. Nombre d’entre elles sont sous-exposées, cas d’école souvent difficile avec un ciel gris foncé et un sol noir ou très sombre. Tentative ici de présenter un aperçu dans les tons sombres, avec une légère rehausse du sol au premier plan. Du grain, du grain, du grain !

Les diapos de 1993 – Voir sur Flickr

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Scanner les Kodachromes

Continuons sur l’archivage numérique des diapos, et plus particulièrement des Kodachromes, avec le scanner Reflecta DigitDia 5000.

Dans les archives photographiques familiales se trouvent beaucoup de diapositives Kodachrome. Ce type de diapo est particulier : contrairement aux films positifs classiques, la structure d’une Kodachrome la rapproche d’un film argentique noir et blanc. Cela peut poser des problèmes de fidélité des couleurs lors du scan, ainsi qu’une incompatibilité avec certaines fonctions de dépoussiérage automatique.

L’apparition d’une dominante bleue

Les kodachromes scannées apparaissent en effet froides en sortie, car les scanners ont du mal a analyser la structure du film. Le résultat est un scan par défaut assez bleuté. Bien sur, certains logiciels de scanner prennent en compte cette spécificité, et donnent directement des résultats exploitables (NikonScan, SilverFast). Une mention spéciale pour le logiciel SilverFastAI, compatible avec le reflecta digitdia, qui outre le profil kodachrome donne un excellent rendu des scans, toutes options confondues : netteté, couleurs, exposition. Malheureusement seule la version avancée du logiciel est disponible pour ce scanner, et le prix est assez dissuasif pour un usage personnel… Le logiciel CyberViewX5, fourni en standard avec le Reflecta DigitDia ne comporte lui aucun réglage avancé, ni d’option kodachrome : il faut donc envisager un post-traitement pour récupérer des couleurs correctes. Ne perdons pas non plus de vue qu’outre le rendu des couleurs, se pose aussi celui de la balance des blancs : la « justesse » des couleurs va aussi dépendre de la lumière ambiante lors de la prise de vue, la diapo kodachrome étant faite pour une lumière solaire de 6500 K. C’est ensuite un choix de l’archiveur : préserver les couleurs de la diapo, ou réinterpréter avec une balance des blancs correcte.

Pour corriger ce problème de dominante, une solution est toutefois possible lors du scan avec le logiciel CyberView : utiliser l’option ROC du scanner. Cette fonction (Restore Old Color) est à l’origine prévue pour raviver les couleurs affadies de vieilles diapos, mais permet en effet un rendu de couleur plus naturel sur les kodachromes (activer l’option avec le plus faible niveau de traitement suffit). L’inconvénient toutefois du traitement ROC c’est qu’il a tendance à étirer un peu trop l’histogramme, et brûler très légèrement les hautes lumières tout en écrasant les ombres. On peut donc préférer plutôt un post-traitement sur les teintes.

Post-traitement pour les couleurs

Bien évidemment, l’idéal pour un traitement d’image correct serait d’avoir une charte de couleur prise en photo à la même époque et dans les mêmes conditions que les diapo à scanner. Malheureusement je n’en ai pas trouvé dans le lot d’archive familiales ; étonnant non ?! Alors il reste à jouer sur les paramètres de couleurs de l’image. J’effectue pour ma part les traitements photos sous Adobe Lightroom. Vous pouvez télécharger mon essai de profil pour LR6 ici. L’application de ce profil donne le résultat ci dessous. Il s’agit bien sur d’une interprétation colorée personnelle, et qui est d’autant plus difficile à transférer sur un autre scanner, que le logiciel Cyberview X pour le scan ne prend pas en compte la gestion des profils colorimétriques ICC…

Brut de scan : globalement l’image présente une dominante bleue.

avec le profil couleur Lightroom. La balance des couleurs (me) semble plus équilibrée.

Notez au passage que ces diapos datent de 1964, et qu’elles sont en très bon état — grand avantage de la kodachrome.

La compatibilité avec le dépoussiérage numérique (ICE)

Cette fonction présente dans le scanner permet d’enlever automatiquement les zones poussiéreuses, voire abîmées, des diapos. Ceci se fait par un balayage de la diapo dans l’infra-rouge, qui permet de détecter les zones de poussières (par leur opacité). Un traitement numérique automatique est ensuite appliquée sur ces zones pour les reconstruire à partir des pixels « valides » environnant.

La structure du film Kodachrome pose un problème au procédé ICE, car les grains d’argent du film sont opaques aux infra-rouges, voire même les diffusent. Ceci entraîne une fausse détection de poussières, et une diminution de la netteté globale du scan.
Sur le modèle reflecta dans le logiciel Cyberview il y a bien une option appelée « ICE numérique » : quand elle est activée, elle fonctionne correctement même avec une diapo Kodakchrome — ce qui laisse penser qu’il s’agit d’un filtre purement numérique ? On se rend compte sur les images suivantes (scan à 100%) que le dépoussiérage ne semble se faire qu’à partir d’une certaine taille de défaut. Notons aussi que l’algorithme de reconstitution de la zone « empoussiérée » n’est pas très subtile : le tampon de correction sous lightroom (ou autre) donnera des résultats beaucoup plus homogène et discrets.

Sans ICE les poussières sont omniprésentes (détail 100%).

Avec ICE activé, les petites poussières demeurent. On note que même le coin du cadre de la diapo est effacé !

A titre d’info voilà ce que donne le mode ICE du scanner Nikon Coolscan IV :

Coolscan Nikon IV sans ICE sur Kodachrome (détail à 100%)

Coolscan Nikon en mode ICE sur Kodachrome : cela agit comme un filtre passe-bas, les détails sont complètement estompés (mais les poussières sont enlevées !).

Quelques excès du mode ICE

Un problème apparait toutefois sur les zones très sombres de l’image : quand celles-ci sont relativement larges, elles sont interprétée comme des « poussières », et corrigées avec des effets plutôt désastreux comme en témoigne l’image suivante. Comparez les zones sombres de la même photo avec et sans ICE (notons que le même post-traitement de netteté a été appliqué dans les 2 cas) :

Détail du scan à 100% sans ICE, pour comparaison. Cliquez sur l’image pour voir en grand.

Scan avec ICE. Les zones sombres ont été (mal)traitées.

Cela confirme que le mode ICE n’est ici appliqué que sur les zones de grandes dimensions, car la netteté générale de l’image n’est pas affectée, comme on l’a déjà évoqué plus haut.

En résumé, sur le mode ICE avec ce scanner reflecta sur les kodachromes : 

  • La correction ne semble se faire qu’à partir d’une certaine taille de défaut (10 pixels environ) ;
  • En conséquence le mode ICE n’affecte pas la netteté globale de l’image (contrairement à ce qu’on obtient avec le Nikon CooolScan IV, et de manière assez générale sur les scanner) ;
  • Dans certains cas, sur les zones très sombres, la correction est désastreuse : dans ce cas là-proscrire ICE !) ;
  • Bizarrement, certaines diapos sont bien corrigées en mode ICE, d’autres non (toutes kodachrome dans mon test cependant).

Ma recommandation : le laisser actif, pour supprimer efficacement une bonne partie des poussières. Mais surveiller les zones très sombres des diapos, et re-scanner le cas échéant.

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Scanner et archiver des diapos avec le reflecta DigitDia 5000

Un ami (précieux !) m’a récemment prêté un scanner de diapo reflecta DigitDia 5000. Il présente l’énorme avantage de pouvoir travailler avec des paniers de diapos, et donc de pouvoir numériser à la chaîne une collection importante, dans un but d’archivage. C’est donc l’occasion ici de livrer quelques commentaires sur ce scanner et les résultats qu’il donne.

Disposition générales

L’appareil se présente comme un projecteur de diapo, avec son bras, sa glissière à panier, mais sans objectif en sortie bien sûr. Attention à la prise des diapos : le déplacement par à-coup du panier fait osciller les diapos, et une fois sur deux le bras passe-diapo rate le coche. J’ai trouvé comme solution d’incliner globalement tout le projecteur, pour que les diapos penchent toutes dans le même sens. Le bras n’hésite alors plus sur la diapo à prendre (pour info : surélever la partie amont du panier du projecteur de 3 cm environ.)

scanner reflecta DigitDia 5000. Il est ici surélevé sur la gauche pour faciliter la prise des diapos.

Appareil ouvert, voici à quoi ressemble le pre-scan d’une diapo, pour l’analyse de l’exposition automatique. Le vrai scan est plus lent (2 min) et fait plus de bruit.

Vitesse

L’appareil est relativement lent : à la pleine résolution (3600 DPI), avec le mode ICE (dépoussiérage), il faut compter 3 minutes par diapo. Mais ce n’est finalement pas rédhibitoire, puisqu’il travaille tout seul ! Il faut donc compter sur 2h30 de scan pour un panier de 50 diapos. Mieux vaut par contre disposer d’une pièce séparée, car si Nestor travaille tout seul, il est quand même assez bruyant…

Notons que l’appareil adapte la vitesse de scan à la densité de la diapositive. Une diapo très sombre, voire sous-exposée, nécessitera un temps de pose plus long au fil du balayage. Cela peut ainsi conduire à des temps de scan d’une dizaine de minutes, pour les cas les plus défavorables. En contre-partie on peut espérer récupérer une peu de matière pour des diapos sous-exposées au départ — même s’il ne faut pas attendre des miracles…

Résolution du scan

La résolution native de l’appareil est donnée pour 3600 DPI, ce qui génère des scans de diapos d’environ 15 MPixels. Très raisonnable donc pour des retirages et agrandissements.

On peut être tenté de réduire la résolution pour gagner un peu en temps de scan (et de la place disque ?). Mais lorsqu’on la réduit on constate une apparition de créneaux assez désagréable. Sur les images ci-dessous, (extraites en taille réelle à 100 %) on voit des effets d’escalier apparaître sur les contours de la tôle ondulée, dans les résolutions 2400 et 3000 DPI.

2400 DPI

2400 DPI. Cliquez pour zoomer et voir les effets d’escalier sur la tôle ondulée. 2400 dpi est pourtant affichée comme une résolution « native »

3000 DPI

à 3000 DPI, même chose, en plus marqué. Là il s’agit d’une résolution « personnalisée ».

3600 DPI

3600 DPI : la résolution native maximale, pas de problème.

Ces effets semblent correspondre à une mauvaise interpolation de l’image faite en pleine résolution. Il vaut donc mieux privilégier la pleine résolution lors du scan, et ce d’autant plus que le gain en temps n’est pas vraiment appréciable. Notons quand même un rendu un peu mou par défaut en sortie, et qu’il est recommandé d’appliquer systématiquement une légère accentuation des images après scan.

Un logiciel sommaire !

Le logiciel standard, Cyberview X, possède des fonctions relativement limitées. Et c’est d’ailleurs le principal reproche que je ferai à ce scanner : le manque d’un logiciel digne de ce nom, avec en particulier une optimisation d’image automatique pour les traitement par lot, et un filtre de netteté. Paradoxalement, les possibilités sont limitées, mais la prise en main n’est pas vraiment simple. Autre point important : le logiciel ne prend pas en compte la gestion de la couleur et des profils colorimétriques : aucune information n’est disponible sur le sujet, et j’ai pu vérifier que les images en sortie n’ont pas de mention ICC dans leurs métadonnées.

… Mais tout de même, pour conclure, quel confort de le voir digérer en 2h30 50 diapos sans qu’on s’en occupe ! Moi qui ai environ 4000 diapos dans mes cartons, cela devrait l’occuper plusieurs semaines ! On peut il est vrai s’interroger sur la pertinence de tout archiver, mais c’est une autre histoire…

 

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